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Directeur : FERDINAND LARNAUDE

PROFESSEUR DE DROIT PUBLIC GÉNÉRAL A LA FACULTÉ DE DROIT DE PARIS

SOMMAIRE:

I. LA CRISE DE LA SCIENCE POLITIQUE, par M. M. Deslandres.
II. LA RÉVISION POUR FAIT NOUVEAU, par M. E. Naquet.
III. LE POUVOIR SOUVERAIN AU JAPON, par M. L. Muller.
IV. - CHRONIQUE INTERNATIONALE (L'impérialisme et l'américanisme aux

Etats-Unis), par M. A. Geouffre de Lapradelle.
V. - CHRONIQUE POLITIQUE, par MM. Zédyx (France), Dupriez (Bel-

gique), Hantich (Autriche). VI. ANALYSES ET COMPTES RENDUS : BERTOLINI, Il governo locale in

glese e le sui relazioni con la vita nazionale, C. R., par M. V. E. Orlando; RossiGNOL, Le canal de Suez, C. R., par M. A. Méri

gnhac. VII. REVUE DES PÉRIODIQUES : Périodiques français (Revue Bleue), par

M. F. Moreau
VUI.

VARIÉTÉS : Les concours d'agrégation des facultés de droit.
IX. ACTES ET DOCUMENTS OFFICIELS.
X. TRAVAUX PARLEMENTAIRES.
XI. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

PARIS

A.

CHEVALIER-MARESCQ ET Cie, ÉDITEURS

20, RUE SOUFFLOT, 20

France: MM.GRÉARD, de l'Académie française, Block, BOUT MY, DESJARDINS, Doniol, comte

de FRANQUEVILLE, Glasson, Viollet, membres de l'Institut; DUCROCQ, Villey, Worms, correspond. de l'Institut; A. Lebon, min. des colonies ; Bard, FalcımaiGNE, conseillers à la Cour de cassation ; CRUPPI, avoc. gen. à la Cour de cassation ; Roussel, conseiller d'Etat; Buisson, anc.direct. de l'Enseignement primaire; DEJAMME, NOulens, René Worms, aud au Conseil d'Etat; Catusse, anc. direct. génér. des contributions indirectes ; EngelHARDT, ministre plénipotentiaire ; Nadler, anc. procureur général ; Morizot-Thibault, substitut du procureur de la République à Paris ; DEJEAN, LÉVEILLÉ, Saczer, députés; DarEsTE, ROBIQUET, a vocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation ; RUIÈRE, sec. général de la Soc. générale des prisons ; BARBIER, GOURD, RoussET, SABATÉ, avocats; Daguin, secrét. génér. de la Soc. de leg. comparée ; Ch. Benoist, Paul Laffite, HENRY Michel, OSTROGORSKı, publicistes ; Blondel, docteur ès-lettres ; Sénéchal, inspecteur des finances ; TARDE, chef de la statistique au ministère de la Justice ; PIERRE, secrét. génér. de la Présid. de la Ch. des députés : MisPOULET, secrét. réd. de la Ch. des députés; MM. les prof. et agrégés: ALGLAVE, Cauwès, CHAVEGRIN, DESCHAMPS, DUCROCQ, Esmein, FAURE, JAY, LAÎNÉ, LEFEBVRE, LESEUR, Henry Michel, Saleilles, Souchon, Thaller, Weiss (Univ. de Paris); JAMET, Taudière (Univ. cath. de Paris), Lacoste, MOREAU, PERREAU (Univ. d'Aix-Marseille)); BAUGAS (Univ. cath. d'Angers); BARCKHAUSEN, de Boek, DESPAGNET, Didier, Duguit, SaiGNAT (Univ. de Bordeaux); CABOUAT, GAUCKLER, MARIE (Univ. de Caen); DESLANDRES, Louis-LUCAS, TISSIER, TRUCHY (Univ. de Dijon); R. BEUDANT, Michoud, De LAPRADELLE (Univ. de Grenoble) ; Garçon, JacQUEY, JACQUELIN, A. Wahl (Univ. de Lille); LAMEIRE, Pic (Univ. de Lyon); BÉRENGER (Ecole libre de dr. de Marseille); BARDE, BRÉMONT, CHARMONT, DECLAREUIL, VALÉRY (Univ. de Montpellier); BEACCHET, BOURCART, CHRÉTIEN, Gaver, Liégeois (Univ. de Nancy); GIRAULT, (Univ. de Poitiers); CHAUVEAU, ARTHUR PIEDELIÈVRE, T'URGEON (Univ. de Rennes); BRISSAUD, Despiau, Hauriou, HOUQUES-FOURCADE, MÉRIGNHAC, ROCARD de CARD, VIDAL (Univ. de Toulouse) ; Colin, MORAND, (Ecole de dr. d'Alger) ; TARBOURIECH,

prof. au collège libre des sciences sociales; APPERT, anc. proi, à l'Univ. de Tokio. Allemagne : MM. les prof. BORNHACK, GIERKE, von Liszt (Univ. de Berlin); KüFFER

(Univ. de Bonn); BRIE, Daun (Univ. de Breslau); EHEBERG, REHM (Univ. d'Erlangen); Rosin (Univ. de Fribourg-en-Breslau): HEIMBURGER (Univ. de Giessen); von Bar (Univ. de Göttingen) STOERK (Univ. de Greifswald); LOENING (Univ. de Halle); Jellinek, von KIRCHENHEIM, KNIES, G. MEYER (Univ. de Heidelberg); GARES, ZORN (Univ. de Kænigsberg); Binding, Bücher (Univ. de Leipzig); BIRKMEYER, HARBURGER, von Maye, von Seydel, von STENGEL (Univ. de Mün.ch); Stieds (Univ, de Rostock); (. MAYER, LABAND (Univ. de Strasbourg); SCHÖNBERG, THUDICUM (Univ. de Tübingue); R. Piloty

(Univ. de Würzbourg); M. le privat doc. ANSCHÜTZ (Univ. de Berlin). Angleterre : M. J. Bryce, ancien professeur à l'Université d'Oxford, anc président du

Board of Trade; F. S. Stevenson, membre du Parlement: MM. les prof. Maitland (Univ. de Cambridge);KIRKPATRICK (Univ. d'Edimbourg); Anson, Dicey (Univ. d'Oxford); Ritchie

(Univ. de St Andrews); Bodley, ancien chef de cabinet du Présid. du Local government Board). Australie : M. le prof. HARRISSON Moore (Univ. de Melbourne). Autriche-Hongrie: M. INAMA-STERNEGG, prés. de la Commiss. centr. de statistique de

Vienne ; MM. les prof. BERNATZIK, GUMPLOWICZ (Univ. de Graz) ; LENTNER (Université d’Inspruck), Karzl (Univ. de Prague); BRUNNEMEISTER (Univ. de Vienne) ; MM. les prirat doc. STRISOWER, TEZNER (Univ. de Vienne) ; MM. KOBATSCH, SCHÜLLER, ZWEIG,

doct. en droit. Belgique : MM. les prof. Nys, VAUTHIER (Univ. de Bruxelles), de GREEF (Univ. libre de

Bruxelles); de Ridder, Rolin (Univ. de Gand) ; DEPLOIGE DuPriez, van den Heuvel

(Univ. de Louvain) ; ORBAN, van DER Smissen (Univ. de Liège) ; Chili : M. le prof. LETELIER (Univ. de Santiago). Canada : Jetté, cons. à la Cour sup. de Montréal; C. de LORIMER, cubs. a la Cour sup.

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COLLEGE LA CRISE DE LA SCIENCE POLITIQUE

APR 20 1900

. .

1. don de la science politique. Causes de cet abandon : dispositions morales du temps présent, scepticisme, fatalisme, quiétisme politiques, prédominance des préoccupations économiques, sociales et religieuses. Illégitimité de ces sentiments, de ces tendances et de cet abandon.

$ II. De la nécessité d'une renaissance de la science politique. — La crise de l'Etat moderne. Conflit entre ses tendances internes, mouvement spontané de la démocratie, qui tend à l'affaiblissement de l'Etat, et ses conditions externes, rivalités et luttes internationales, qui tendent à la restauration du principe d'autorité. – Difficulté particulière du problème politique actuel : conciliation de la démocratie et de la force de l'État. Nécessité de la renaissance de la science politique.

Quand on aborde l'étude de la science politique, la première impression que l'on éprouve est celle d'un demi-abandon. Il semble que l'on franchit le seuil d'une maison délaissée. Dans ce domaine particulier des sciences sociales on voit l'activité scientifique, ailleurs en plein essor, comme engourdie et somnolente.

Et alors on est pris de doute et d'hésitation. Peut-être cette science mérite-t-elle cet abandon ? Peut-être a-t-elle perdu sa raison d'être ? Peut-être est-elle vaine ou moins utile que d'autres ?

Ce doute, je l'ai éprouvé, et je me suis posé ces questions.

Mais quand j'ai examiné les motifs qui semblent bien avoir provoqué la désertion des études constitutionnelles, aucun ne m'a paru décisif; et quand j'ai considéré les circonstances présentes dans lesquelles se trouve l'Etat moderne, j'ai reconnu au contraire que le problème politique est particulièrement pressant et difficile aujourd'hui. J'en ai conclu qu'une renaissance de la science politique est éminemment désirable.

Et comme urre seule chose peut provoquer la renaissance d'une science, à savoir l'application d'une méthode, sinon absolument nouvelle, du moins d'une rigueur nouvelle, je me suis demandé quelles ont été les méthodes jusqu'ici suivies en cet ordre d'études. Il m'a semblé alors qu'on en avait souvent employé de défectueuses ou d'insuffisantes et qu'il y avait peut-être à renouveler la science par le renouvellement de la méthode.

Ce n'est pas sans hésiter que je publie ces observations: questions que je me suis posées à moi-même sur l'état, l'utilité et les méthodes de la science politique et réponses que j'ai cru pouvoir me faire. Je ne me dissimule pas que ces aperçus, les premiers surtout, n'ont pas toujours le tour technique et doctrinal auquel on est habitué el que je ne fais souvent qu'effleurer des problèmes considérables, qui mériteraient des études autrement approfondies. Mais ceci n'est qu’une sorte d'examen de conscience préalable, préface des travaux de science politique auxquels je voudrais me livrer. Et peut-être, telles quelles, ces réflexions intéresseront-elles ceux que cette science ne laisse pas indifférents et secouerontelles un peu l'indifférence de quelques autres ?

I. - De l'abandon de la science politique.

En 1862, M. Dupont-White écrivait cette phrase humoristique, mais fort exacte : « On peut trouver étrange que ce pays avec tant de traités sur les participes et sur le libre-échange, n'en ait pas un sur le gouvernement représentatif » (1). On pourrait presque l'écrire encore aujourd'hui.

(1. Introduction au Gouvernement représentatif, de Stuart Mill, p. VI.

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