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vez scrupuleusement les principes de la justice envers les autres, vous êtes bien placés pour en réclamer aussi des autres la stricte observation. Un mot de vous a suffi pour déterminer un puissant empire à retirer ses troupes du Mexique et à laisser, ou plutôt à rendre à cette république son droit inaliénable de se gouverner elle-même. Un mot de vous serait, à l'occasion, d'une grande efficace pour la protection du droit des petits en Europe. De plus en plus, et en tout pays, votre voix sera écoutée dans les conseils de ceux qui sont les instruments de Dieu pour diriger les nations. Elle sera écoutée parce qu'elle dit et dira toujours : Paix et bienveillance entre les hommes ! Respect du droit! Vérité, liberté, progrès! (Cheers.)

Que Dieu veuille continuer à protéger la république des Etats-Unis, et puisse l'anniversaire de son indépendance être célébré chaque année en Suisse comme une fête commune aux deux nations! C'est notre veu le plus ardent! (Applause.)

Other complimentary toasts to individuals and the efficient Committee, who so successfully planned and carried out this impromptu festival, were offered; after which the company retired, apparently well satisfied with their reunion and entertainment.

While these proceedings, were going on, within the hotel, a vast multitude of citizens without, were enter tained by the discharge of artillery, fireworks and music.

The following brief extracts from the two leading Geneva journals will indicate the impressions produced upon the Genevese guests present on the occasion.

From « Journal de Genève. »

LE 1 JUILLET 1866 A GENÈVE

La journée du 4 juillet marque une date importante dans l'histoire de l'humanité. Il y a soixante-quatorze ans, à pareil jour, que les États-Unis, en obtenant de l'Angleterre la reconnaissance solennelle de leur indépendance, posaient dans le monde un principe qui est devenu depuis, malgré bien des éclipses, un des fondements de la science politique moderne : le droit que possèdent les peuples de se soustraire à une domination devenue odieuse, pour vivre de leur vie propre, dans la plénitude de leur liberté.

Les Américains n'ont garde d'oublier ce glorieux anniversaire; aussi mardi soir un splendide banquet réunissait-il à l'hôtel de la Paix les citoyens des États-Unis et un certain nombre de citoyens genevois, dont la présence dans cette fête achevait de lui donner son caractère républicain.

La cordialité avec laquelle ils y avaient été invités, l'accueil sympathique qui leur a été fait, les discours qu'ils ont entendus, tout a concouru à prouver qu'il existe entre les deux républiques une vraie et sincère fraternité. Dans cette réunion toute privée, la tâche de représenter Genève était échue à quelques écrivains de la presse et à d'autres personnes connues par leur attachement à la cause américaine. Dans les discours que l'on a bien voulu leur demander, ils se sont efforcés d'exprimer les sentiments de profonde sympathie qui unissent le peuple genevois à ses frères des États-Unis, l'intérêt qu'il prend aux destinées

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d'une nation seur de la nôtre, sinon par la race, du moins par les tendances, les principes et les institutions. Ils ont applaudi au retour de la paix qui succède aux tempêtes de la guerre civile, tempêtes fécondes d'ailleurs, puisqu'elles ont emporté avec elles l'esclavage, le seul nuage qui vînt assombrir le ciel où flottait le pavillon étoilé.

Les discours prononcés par M. Upton,' le consul américain, et par M. Godwin, rédacteur d'un des principaux journaux de New-York, ont montré que les hommes et les faits importants de notre histoire nationale sont loin d'être étrangers à nos amis qui habitent sur l'autre rive de l'Atlantique. Les noms de Calvin et de Philibert Berthelier, auxquels MM. Upton et Godwin, et après eux notre compatriote M. Merle d'Aubigné, ont fait de fréquentes allusions, jouissent en Amérique d'une popularité presque aussi grande que chez nous. C'est un fait que nous constatons avec plaisir, parce que l'union entre deux peuples n'est jamais plus intime et plus forte que lorsqu'elle se fonde sur une connaissance exacte de leur passé et de leurs traditions nationales.

Ajoutons que cette sympathie ne s'arrête pas au XV]me siècle, mais qu'elle s'étend encore à nos illustrations contemporaines, à celles, en particulier, qui ont donné des gages de dévoûment à la cause des États-Unis.

Un autre fait également significatif a été l'approbation sans réserve par laquelle ont été accueillies toutes les allusions directes ou indirectes qui ont pu être faites à la liberté de conscience. Ces hommes libres, dégagés, au point de vue religieux, de tout lien envers l'État, n'en restent pas moins fidèles à leurs anciennes croyances. Le banquet s'est ouvert par une prière prononcée avec solennité, écoutée avec recueillement. On se sentait bien réellement en Amérique, dans ce pays où la liberté civile n'a été, en quelque sorte, que le développement et la conséquence logique de la liberté religieuse.

Nous ne faisons point ici un compte rendu; nous nous bornons à résumer les impressions que cette réunion nous a laissées. Toutefois il nous est impossible de ne pas insister plus particulièrement sur le toast porté par M. Serment, après ceux de MM. Merle d'Aubigné, Alfred Tronchin et Alexandre Lombard. M. Serment, qui parlait comme président de l'Association en faveur des noirs affranchis, a passé rapidement en revue les cent an

nées de l'histoire américaine en la comparant aux périodes de lutte et de dévouement de notre vieille histoire. Entre des personnalités comme celles de Washington ou d'Abraham Lincoln et les grandes figures historiques qui ont joué leur rôle dans la conquête de nos libertés, il existe une parenté glorieuse pour tous que l'orateur est heureux de pouvoir reconnaître. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Nous ne terminerons pas cet article sans accorder à l'admirable ordonnance de cette fête la part d'éloges qu'elle mérite, et sans féliciter le président, M. Phelps, pour l'amabilité et la parfaite courtoisie dont il a fait preuve en la dirigeant. De nombreuses dames, en fraîches toilettes, montraient par leur présence que dans une république les manifestations du patriotisme ne sont pas l'apanage exclusif du sexe fort. La table était chargée de corbeilles de fleurs, de lis surtout, au milieu desquelles flottait le drapeau étoilé des Etats-Unis. Une excellente musique, qui nous a fait entendre quelques-uns de nos airs nationaux, ajoutait un charme de plus à cette réunion qui laissera à tous ceux qui ont eu la bonne fortune d'y assister les plus vifs et les plus durables souvenirs.

From « La Nation Suisse. »

Il est, dans la vie des peuples, des événements d'une importance telle que la date en reste gravée dans tous les cours.

Le 4 juillet est pour les Américains l'anniversaire de leur indépendance, et leur patriotisme leur fait un devoir de célébrer solennellement, partout où ils se trouvent, cette date si heureuse pour eux, et, disons-le, si heureuse pour le monde entier.

Cette année, les nombreux Américains présents à Genève ont dignement et magnifiquement célébré le 4 juillet. Ils ont fêté leur liberté dans un pays libre, au milieu d’un peuple non pas étranger à eux, mais au milieu de concitoyens; car si l'Amérique et la Suisse sont séparées par de grandes distances, elles ne forment, par leurs institutions et leurs liens, qu'un seul et même peuple.

Cette belle fête a laissé dans le cour de tous ceux qui ont eu le bonheur d'y assister un souvenir si profond, que je ne puis résister au désir d'en donner un compte-rendu.

Le comité qui s'était constitué pour organiser la fête avait décidé qu'un grand banquet serait donné à cette occasion, et le Grand Hôtel de la Paix avait été choisi à cet effet.

Dès le matin, l'hôtel avait été pavoisé de drapeaux, et des salves d'artillerie étaient tirées d'un bateau ancré devant le quai du Mont-Blanc.

Le comité, avec une gracieuseté toute américaine, avait envoyé des invitations à un grand nombre de Genevois, ainsi qu'à la presse.

A sept heures, tous les invités se trouvant réunis, on passa dans la salle du banquet.

Nous ne saurions, à cette occasion, trop louer les organisateurs de cette fête, ainsi que M. Kohler, propriétaire du Grand Hôtel de la Paix, pour le goût et la magnificence déployés à cette occasion.

Des trophées de drapeaux américains et suisses entrelacés ornaient la salle et flottaient au-dessus de groupes de fleurs artistement arrangés. Près de 80 convives prirent place à la table merveilleusement servie. De nombreuses dames en éblouissantes toilettes venaient à propos rompre la monotonie des habits noirs et des cravates blanches des messieurs.

Ce fait de dames et de jeunes filles venant prendre une large part à cette fête patriotique et l'embellir par leur présence, nous prouve que l'Amérique est bien véritablement un pays modèle ; que non-seulement l'homme y est quelque chose, mais que la femme aussi sait prendre une grande part dans leur vie publique.

On m'a montré parmi ces dames plusieurs jeunes femmes qui, dans la dernière guerre, avaient quitté tout le confort et l'opulence d'une vie pour ainsi dire aristocratique, s'étaient faites seurs de charité et avaient, avec une abnégation, une bonté et une sollicitude au-dessus de tout éloge, soigné, soit sur les

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